CHAOUKI-LI-QACENTINA

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«GHAR BOUMAAZA» UNE MERVEILLE NATURELLE DELAISSEE

Décidément, la négligence des paysages naturels et sites touristiques ne surprend plus dans notre wilaya. Comme les autres régions de Tlemcen, celle de Sebdou (40 km au sud du chef-lieu) est dotée d'un joyau naturel, qui fait la fierté de tous les habitants.

Mais, qui ne fait l'objet d'aucune considération de la part des autorités locales. En effet, à un jet de pierre de la ville de Sebdou, du côté gauche de la RN 22, reliant Tlemcen à Sebdou, l'on peut observer «Ghar Boumâaza». Cette vraie merveille naturelle, qui a donné du fil à retordre aux hydro-géologues et autres spécialistes en hydraulique (Ses secrets n'ont pas été révélés à ce jour et ce, malgré plusieurs expéditions faites par des explorateurs), est un énorme trou creusé dans la roche, donnant, vers l'extérieur, sur un oued. Négligée et délaissée pendant de longues années, cette superbe grotte karstique, qui ne cesse de susciter, curiosité et admiration de tout visiteur national et étranger, manque cruellement d'accessibilité, aménagement et entretien. Le seul accès principal, qui mène de la RN 22 à l'oued de la grotte (celui de la grotte est inexistant), n'est même pas revêtu. Il est dans un état lamentable et ne donne aucune envie aux visiteurs d'y revenir. Berges de l'oued non consolidées, absence d'aires de stationnement, marches d'accès inexistantes, eaux ruisselant dans tous les sens, coulées de boue, pierres et édifices dangereux. Bref un spectacle désolant, qui n'honore guère ce lieu féerique. Cette curiosité naturelle est dépourvue de toute infrastructure de loisirs. De nombreux citoyens rencontrés sur les lieux, ce vendredi après-midi, nous ont fait part de leur désolation sur la situation de ce paysage, le plus contrasté de la région. « Le tourisme permet de découvrir les lieux naturels et touristiques de toute la région. Au regard des avantages qu'offre le tourisme, il contribue aussi au développement culturel des régions qui manifestent le besoin de faire la promotion de leur richesse naturelle et touristique. Cette vision liée au développement du tourisme, n'est malheureusement pas le souci des autorités de la région de Sebdou qui assistent à la destruction de ses lieux touristiques. « Regardez la beauté de cette merveille, on la retrouve nulle part ailleurs!», nous diront des visiteurs venus de Tlemcen. « C'est un site spectaculaire, mais malheureusement en abandon ! Faute d'aménagements, on a peur même pour nos enfants. Il y'a des risques d'éboulements des berges de l'oued, des risques de chute et de glissade pour les visiteurs. Où sont les autorités ?», ajouteront-ils. Selon les habitants de Sebdou qui nous ont manifesté davantage le degré de cette négligence coupable, l'environnement dégoûtant de cette grotte n'honore nullement l'image de la région. «Au regard de la situation dans laquelle se trouvent les lieux touristiques de Sebdou, nous pouvons dire que la population locale n'a plus d'espoir en matière de tourisme. Faites un saut à l'étang de Dayet Ferd et vous verrez, c'est la négligeance totale. On dirait un désert !», déplorent-ils.

Face à cette situation d'abandon et de négligence, les autorités locales doivent réviser leur position. Car, il est urgent d'aménager ces lieux uniques en leurs genres et qui ne répondent plus aux normes des lieux touristiques. Les fortes pluies qui se sont abattues récemment sur la région de Tlemcen, ont régénéré toutes les nappes et sources de la région. Bénéficiant de ces précipitations et de grandes masses de neige, « Ghar Boumâaza » coule à flots et draine de nombreux visiteurs. Selon une fiche descriptive sur les zones humides ‘Ramsar', établie par la direction générale des Forêts, « Ghar Boumâaza », se situe sur une colline couverte d'une végétation clairsemée. L'eau provenant des pluies qui tombent sur le plateau dolométique de Terny, au sud et au sud-est de Djebel Nador, pénètre des crevasses à travers les strates calcaires. Une bonne partie de l'eau de la rivière souterraine se perd avant d'arriver au porche, mais à l'occasion de grandes crues, elle s'écoule par l'ouverture sous la forme d'un torrent large et rapide qui dévale en petites cascades à Habalet.

L'émergence de «Ghar Boumâaza» qui se fait à partir d'Ain Taga, à 500 m à l'aval, constitue la principale source principale de la région avec un débit de 35 l/s. La présence permanente d'eau dans la rivière souterraine favorise le maintien de la température entre 13° et 16°C, même au mois d'août.

La première exploration de la grotte karstique de «Ghar Boumâaza» a été faite en 1931 par Henry Marcel qui était à la recherche de réserves en eau pour la production d'énergie électrique et pour l'irrigation.

De 1931 à 1959, plusieurs autres expéditions ont été faites par des explorateurs ayant réussi à passer le siphon principal et parcourir une distance de 4 km, atteignant une profondeur de 242 m. Les expéditions ont été reprises en 1982 avec des objectifs plus précis visant l'étude de la topographie, de l'hydro- chimie, de la géologie etc. En 1985, la dernière expédition a exploré les mêmes réseaux que ceux de 1984.

Par Khaled Boumediene

Le Quotidien D’Oran

19/02/2013

 

 

 



19/02/2013
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