CHAOUKI-LI-QACENTINA

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Emissions sur l’environnement

Par petites doses de chlorophylle

Quoi de plus rassurant pour l’environnement en Algérie que d’avoir une ministre écolo comme Fatima-Zohra Zerouati.

Non étrangère au domaine, puisqu’il s’agit d’une ingénieure d’Etat en écologie et en environnement, elle ne voit et ne respire que la couleur verte, au point de rendre jaloux Yasmina Khadra et Hamid Green.

Native d’un milieu déjà vert, à Aïn Defla, qu’on peut traduire par la «Fontaine au laurier rose», elle ne rate pas la moindre occasion pour planter des arbres partout, même sur ses chemises, avec un look printanier.

On n’a jamais été déçus par cette dame, qu’on aurait aimé voir au service philatélique d’Algérie-Poste pour planter des arbres et faire pousser plein de verdure sur des timbres, mais aussi donner du tonus à une thématique très peu gâtée dans le catalogue philatélique algérien.

Avec la nostalgie d’un dinosaure, on remonte très loin dans le temps, pour trouver «le plus ancien» timbre algérien en lien avec le sujet. A l’époque du très sérieux Houari Boumediène, on ne parlait pas encore le langage écolo en Algérie. L’environnement était moins pollué. On mangeait bio et il n’y avait pas d’OGM.

La Poste avait trouvé une idée géniale d’émettre, le 25/11/1976, une vignette dessinée par Bachir Yelles pour faire la promotion d’un barrage vert construit pour faire justement barrage contre l’avancée du désert vers le Nord vert et prospère.

Comme les idées géniales ont souvent la vie courte pour finir dans les archives, il faudra encore traverser plusieurs dizaines de pages dans le catalogue philatélique algérien pour tomber sur l’œuvre d’un pionnier des sujets environnementaux. Le dessinateur Kamreddine Krim, qui était encore à ses débuts, réalisera le 25/4/1985 deux timbres simples, sobres et sans aucune philosophie allégorique, non encore enseignée en Algérie.

Des espaces verts sont représentés par des arbres qui poussent dans un milieu rose et lumineux, alors que des espaces bleus sont symbolisés par des vagues qui montent dans l’air comme les cheveux rebelles d’une sirène SDF.

Après dix ans d’abstinence biologique, et pour prouver qu’il était le seul à explorer ce domaine toujours vierge, le même dessinateur «naviguera» encore une fois pour accoucher de deux vignettes, sorties le 5/6/1995, où il fera actionner la sonnette d’alarme sur la pollution de l’eau et la pollution atmosphérique.

Un scénario catastrophe que nous ne sommes pas loin de vivre, avec les sacrées bêtises que nous sommes en train de commettre. La prise de conscience des problèmes de la pollution et la multiplication des associations écologiques fera naître un brin d’optimisme.

Un fait que l’on peut noter dans cette émission «spécifique» réalisée par Mounir Azouz, parue le 4/6/1998, et qui loue les bienfaits du tourisme environnemental. Un nouveau-né dans les concepts qu’on ne cesse de développer pour protéger les vestiges naturels menacés par l’ignorance et la voracité de l’homme.

Au lieu de creuser encore dans leurs fonds pour tirer des idées nouvelles, les dessinateurs des timbres sur l’environnement vont sombrer dans la représentation parfaitement statique, comme un champ de blé endormi. La Poste produira même en 2009 un timbre à des milliers de kilomètres de la réalité algérienne pour évoquer la protection des pôles et des zones glacières.

Bien qu’il ait connu une percée dans le monde, l’avènement des énergies renouvelables fera tardivement son entrée dans la philatélie algérienne à travers une émission de deux timbres parus le 11/11/2015 sous la signature de Kamreddine Krim et S. Boudiaf.

Trois ans plus tard, les choses évoluent grâce à un timbre sur la journée mondiale de la biodiversité biologique réalisé par Ali Mechta.

Le must de cette saga environnementale demeure l’œuvre de l’omniprésente ministre écolo Fatima-Zohra Zerouati, qui aime planter les arbres partout même sur ses chemises, dont le département a été à l’origine du dernier-né des timbres émis le 25/10/2018 et consacré à la ville verte.

Une première dans l’histoire du ministère de l’Environnement. Une belle initiative, certes, mais qui avait tout de même besoin d’être bien préparée et mieux réfléchie, avec un peu plus d’engrais bio et beaucoup de chlorophylle.

Par/ S. Arslan

El Watan



29/11/2018
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