CHAOUKI-LI-QACENTINA

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Série des papillons

C’était tellement beau et éphémère !


Sans vouloir tout critiquer, on peut quand même dire qu’il y a aussi tant de belles choses dans la philatélie algérienne. Il y a des fois où on regrette ces années durant lesquelles les passionnés des timbres étaient bien gâtés. On se souvient du temps où tout se faisait dans les règles, avec un programme philatélique annuel bien ficelé à l’avance et diffusé à temps à l’intention des collectionneurs, qui retrouvaient bien leurs marques et repères et parvenaient à s’en sortir.

Ces mêmes collectionneurs, qui font de la résistance de nos jours, pour l’amour de leur passion, demeurent les derniers des Mohicans qu’on continue à maltraiter, aussi bien par le service philatélique que dans les recettes principales, pour les pousser à l’abandon. Nostalgiques encore et toujours, on se souvient de ces mémorables séries de papillons classées parmi les meilleures jamais produites à ce jour dans l’histoire de la philatélie algérienne. Les collectionneurs, qui avaient eu la chance de se procurer une bonne réserve, ne se feront pas prier de les conserver jalousement, comme des pièces de musée, surtout qu’elles sont encore bien cotées. Le mérite revient encore une fois à l’inévitable et omniprésent Kamreddine Krim, qui a lancé la première émission des papillons dans le catalogue philatélique algérien le 20/8/1981.

Des timbres qui permettront aux philatélistes d’explorer le monde merveilleux et éphémère de ces lépidoptères, faisant aussi le bonheur des collectionneurs spécialisés dans plusieurs pays. On retrouve ainsi le machaon ou grand porte-queue, de son nom scientifique, papilio machaon, une espèce très commune, protégée dans plusieurs pays d’Europe. Il a été même déclaré «animal de l’année 2003» par une organisation suisse de protection de la nature.

Dans cette série figure également le fameux papillon dit «le citron (Rhodocera rhamni)», plus connu par ses ailes d’un jaune citron, avec un point orangé sur les quatre ailes, mais aussi la nymphale de l’arbousier (charaxes jasius), appelée aussi «pacha à deux queues», «Jason» ou encore «Jasius», très répandu en Algérie. Le quatrième insecte de cette émission a été le flambé (papilion podalirius), dont le nom provient de la coloration de ses ailes par des bandes noires. Dix ans plus tard, le même dessinateur réalisera une deuxième série de quatre timbres. Les vedettes seront la proserpine (zerynthia rumina), une espèce menacée, dont certaines formes sont devenues rares, mais aussi la mélitée orangée (melitaea didyma), très répandue en Afrique du Nord, et la grande tortue (nymphalis polychloros), une espèce migratrice.

Le plus célèbre papillon de cette émission demeure le vulcain (Vanessa Atlanta). On n’a pas besoin d’être un grand connaisseur de lépidoptères pour le reconnaître grâce à ses ailes de couleur marron à noir profond agrémentées de cercles orange à rouge vif, formant une bande transversale sur les ailes antérieures et une frange sur les côtés des ailes postérieures. L’insecte sera célèbre par son nom emprunté à l’Atalante, cette femme héroïque de la mythologie grecque qui réalisa des exploits hors du commun et fut la seule femme à faire partie des argonautes partis avec Jason à la recherche de la toison d’or.

Dans la revue PHILnews n°11 (nov- déc 1996), Mohamed Achour Ali Ahmed nous apprend que «cette figurine a décroché la 3e place au niveau africain et la 28e à l’échelle mondiale, lors de la Coupe du monde 92 des timbres-poste, qui a vu la participation de 144 administrations postales engagées pour l’élection du plus beau timbre du monde parmi ceux émis en 1991». La collection des papillons sera enrichie par une troisième émission sortie le 12/6/1996 avec quatre nouveaux timbres du même dessinateur. Encore une fois, on découvre des choses sur ce monde magnifique.

C’est le cas pour le papillon appelé le cardinal (Argynnis pandora ou Pandoriana pandora), reconnaissable par ses ailes de couleur orange foncé et vert, avec des lignes noires. Dans son blog consacré à la zoonymie des papillons, Jean-Yves Cordier précise que le nom de cardinal a été donné à cette espèce par le père Augustin Engramelle en 1779 en raison de la couleur pourpre qu’on peut voir au-dessous de ses ailes antérieures. Une couleur propre aux habits des cardinaux. La seconde figurine a été dédiée au fadet commun ou procris (Coenonympha pamphilus), un petit papillon de couleur ocre clair à marron clair.

On y découvre aussi la fameuse belle-dame (cynthia cardui), dont le nom lui a été donné en raison de l’exceptionnelle beauté de ses ailes. Elle est connue aussi sous le nom de Vanesse des chardons et Vanessa cardui. C’est le papillon qui effectue les plus grandes migrations, en parvenant à parcourir par vagues des milliers de kilomètres.

Le dernier des papillons illustrés sera le demi-deuil (Melanargia galathea), dont le nom est dû à «son habit particulier» marqué sur ses ailes par des taches noires et blanches. Il s’est même vu attribuer le nom de «papillon jeu d’échecs» et «papillon damier». Ces belles émissions sur les papillons d’une remarquable qualité d’impression, sorties en l’espace de 15 ans, ont été une véritable révélation pour les connaisseurs, mais elles auront été éphémères par rapport à d’autres pays où elles sont très régulières. Les passionnés du timbre demeurent encore impatients pour de nouvelles retrouvailles.

Par/ S. ARSLAN 

Le 11 AVRIL 2019

El Watan



14/05/2019
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