CHAOUKI-LI-QACENTINA

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Hommage à Ali Ali-Khodja

Il était le doyen des dessinateurs de timbres-poste algériens


Bien qu’on lui ait consacré une chronique, il y a quelques années, pour évoquer son parcours atypique à travers l’histoire de l’un de ses timbres, le grand artiste Ali Ali-Khodja (1923-2010) mérite un hommage appuyé au vu de sa grande contribution dans l’histoire de l’art en Algérie, mais surtout dans la production philatélique algérienne. Il faut surtout noter qu’Ali Ali-Khodja a été durant près de 50 ans le doyen des dessinateurs de timbres-poste en Algérie.

Il laissera une empreinte indélébile dans le catalogue philatélique algérien, grâce à une trentaine de timbres répartis sur 19 émissions, d’une riche thématique. Il restera dans l’histoire pour avoir réalisé l’un des premiers timbres commémoratifs dans le catalogue philatélique algérien émis le 5 juillet 1963, à l’occasion du 1er anniversaire de l’indépendance. Une vignette sur fond bleu clair, tracée par des rayons de soleil, marquante par sa simplicité et frappante par sa haute portée symbolique, avec cette carte de l’Algérie portant l’emblème national et les aspirations du jeune Etat indépendant à travers le derrick, l’arbre, le symbole de l’industrie et l’épi de blé.

Cette vignette aura surtout une forte symbolique philatélique, puisque son émission survient dans une période post-indépendance transitoire marquée par l’usage de certaines émissions postales qui n’étaient autres que des timbres de l’époque coloniale utilisés entre le 5 juillet et le 1er novembre 1962, avec la surcharge EA (Etat algérien), apposée avec un tampon à main, ou en procédé typographique, jusqu’à la sortie du 1er timbre officiel de l’Algérie indépendante, le fameux 1+9, dessiné par le Français Vallée. Durant les premières années de l’indépendance, Ali Ali-Khodja tiendra un vrai «monopole» sur les émissions postales, mis à part quelques émissions de Choukri Mesli et un timbre de l’artiste-peintre Ahmed Benyahia.

Il accompagnera par ses œuvres plusieurs événements, à l’instar du 2e Congrès des médecins arabes, tenu pour la première fois en Algérie (29/7/1963), mais surtout la fameuse «Constitution d’Ahmed Ben Bella», dessinée sur une vignette émise le 13/10/1963. Il sera aussi l’auteu, en 1963, du second timbre commémoratif de la Révolution, à l’occasion de son 9e anniversaire.

Entre 1963 et 1978, les œuvres d’Ali Ali-Khodja toucheront divers sujets, comme le 100e anniversaire de la Croix-Rouge internationale, la Fête du travail, le réseau hertzien Alger-Annaba, l’année de coopération internationale, le centre de l’Union internationale des télécommunications, la Journée de la météorologie, le 20e anniversaire de l’Unesco, la Fête de la jeunesse, l’Année internationale des droits de l’homme et les instituts de technologie. En tant qu’artiste-peintre, il touchera aussi des thèmes liés au patrimoine et aux traditions nationales, en réalisant une émission de trois timbres dédiée à l’artisanat kabyle, émise le 26/2/1966, et une seconde réservée à l’art musulman (25/2/1967), illustrant le musée du Bardo et la Kalaâ Beni Hammad. Sa seule vignette traitant d’un événement sportif a été celle consacrée aux Jeux méditerranéens de Tunis, la première du genre d’ailleurs, émise le 2/9/1967.

Digne élève des maîtres Mohamed et Omar Racim, ses oncles maternels, Ali Ali-Khodja connaîtra des périodes d’interruption en matière de production de maquettes pour les vignettes postales à partir de 1971, mais il ne cessera jamais de peindre et de participer dans diverses expositions, en plus des cours qu’il donnera à l’Ecole des beaux-arts d’Alger, où il enseignera jusqu’en 1994.

Il reviendra en 1977 à travers deux timbres réalisés en solidarité avec les peuples du Zimbabwe et de la Namibie. Ses dernières œuvres, qui trônent majestueusement dans les albums des philatélistes algériens, sont sans conteste ses deux timbres émis le 8/11/1981, illustrant deux navires de la Marine algérienne des 17e et 18e siècles (Galère et Chebek). Ali Ali-Khodja restera parmi les premiers peintres à faire le bonheur des collectionneurs de timbres en Algérie durant la période faste des années 1970 à 1980. Avec lui, il y avait aussi d’autres signatures prestigieuses de la peinture algérienne, tels Mohamed Temmam, M’hamed Issiakhem, Racim, Baya et autres.

Ali Ali-Khodja sera honoré le 1er octobre 2007, à l’occasion d’une cérémonie organisée par Algérie- Poste en l’honneur des dessinateurs de timbres-poste algériens depuis l’indépendance. Premier du genre, cet hommage tant attendu a été une juste reconnaissance du talent de ce grand artiste.

Par/ Arslan S.

El Watan



22/11/2018
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