CHAOUKI-LI-QACENTINA

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Hommage à M’hamed Issiakhem


Trente ans après sa mort, l’illustre artiste-peintre M’hamed Issiakhem, l’un des fondateurs de la peinture moderne en Algérie, a eu droit, pour la première fois, à un hommage sur un timbre-poste, émis à son effigie le 21/10/2015, dans une série consacrée aux hommes de culture, réalisée par Kamr-eddine Krim. Un portrait d’Issiakhem portant sa célèbre moustache, avec en arrière-plan un fragment de l’une de ses œuvres.

Grand intellectuel, ayant laissé une empreinte éternelle dans l’histoire de l’art en Algérie, il a été partout présent. Auteur d’œuvres remarquables conservées dans les musées des Beaux-Arts, Issiakhem a été aussi dessinateur de billets de banque et de timbres-poste. Sa première œuvre a été une belle illustration du premier grand événement abrité par l’Algérie indépendante : le Festival culturel panafricain.

Un timbre de 0,3 DA, aux couleurs et aux formes de l’art africain, a été émis le 19/7/1969. Issiakhem sera également présent dans une série de commémorations du 20e anniversaire de la Révolution émise le 1/11/1974, aux côtés de Mesbahi, Samsom et Sahouli. Il réalisera une figurine emblématique. Une femme, un agriculteur, un ouvrier et un soldat qui vivent le progrès et aspirent à un avenir radieux. Une thématique chère à l’époque et qui sera reprise, sous d’autres formes, par d’autres dessinateurs.

Le même Issiakhem dessinera son troisième timbre, paru le 8/3/1975, pour commémorer le 10e anniversaire de l’Organisation arabe du travail. Il sera sollicité, comme d’autres artistes d’ailleurs, pour réaliser un timbre émis le 21/2/1976, en solidarité avec la République populaire d’Angola, qui était encore une colonie portugaise, à une époque où Alger était la Mecque des mouvements de libération dans le monde, et pas seulement en Afrique.

Six ans plus tard, Issiakhem reviendra dans le cycle des commémorations du 20e anniversaire de l’indépendance, en dessinant un timbre paru dans une série émise le 5/7/1982. A peine une année après sa mort, survenue le 1er décembre 1985, la Poste algérienne décidera d’émettre le 29/1/1987 deux timbres portant deux de ses meilleures œuvres : Les aveugles et le Rouge. Des œuvres révélant l’immense héritage d’un grand artiste, qui mérite que ses travaux soient portés sur des timbres-poste.

Né le 17 juin 1928 à Taboudoucht des Aït Djennad, en Grande Kabylie, M’hamed Issiakhem connaîtra un épisode douloureux de sa vie en 1943, alors qu’il n’avait que 15 ans, lorsqu’il a ramassé une grenade dans un camp militaire américain, après le débarquement des Alliés en Algérie durant la Seconde Guerre mondiale. L’explosion de l’engin a causé la mort de deux de ses sœurs et d’un neveu, ainsi que des blessures au jeune M’hamed qui se verra amputer de son bras gauche.

A 19 ans, il est élève à la Société des Beaux-Arts d’Alger, avant de rejoindre l’Ecole des beaux-arts pour suivre les cours du miniaturiste Omar Racim. En 1953, il s’envole à Paris pour s’inscrire à l’Ecole des beaux-arts. Il retrouve Kateb Yacine, qu’il avait connu deux ans plus tôt. Les deux hommes demeurent inséparables. Issiakhem illustre les œuvres de Kateb, et Kateb commente les travaux d’Issiakhem. Après des années d’errance en Europe, Issiakhem connaîtra un parcours foisonnant après l’indépendance.

Il est dessinateur à Alger Républicain, membre fondateur de l’Union nationale des arts plastiques, directeur artistique de l’Ecole de beaux-arts d’Oran. Entre les années 1960 et la fin des années 1970, il est tour à tour décorateur de films, enseignant à l’Ecole polytechnique d’architecture et d’urbanisme, et réalise des œuvres artistiques monumentales. Il décédera le 1er décembre 1985, suite à une longue maladie, alors qu’il était au sommet de son art.

Par/Arslan Selmane

El Watan



09/06/2016
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