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Journée du timbre

Une fête jetée aux oubliettes

 

La Journée du timbre est une manifestation de propagande en faveur de la philatélie. Elle fut instituée à Luxembourg en 1936 par le congrès de la Fédération internationale de philatélie (FIP), qui avait invité les fédérations nationales à organiser chaque année une journée consacrée à la promotion du timbre auprès du grand public et à la sensibilisation des jeunes à la philatélie.

La première édition officielle eut lieu l’année suivante, en 1937. Chaque pays est libre de choisir sa formule ainsi que la date de la manifestation. Généralement, cette journée est marquée par l’émission d’un ou de plusieurs timbres-poste ou tout autre produit philatélique ayant un thème lié directement à l’histoire de la poste (feuillets-souvenirs, cartes maximum, etc.)

Cet événement permettait ainsi aux collectionneurs de se rencontrer pour échanger timbres et connaissances et à la population de découvrir un hobby à la fois distrayant et éducatif. En Algérie, la première émission remonte au 22 mars 1969 avec un timbre-poste d’une valeur de 1 DA représentant l’acheminement du courrier au Sahara par le biais du service des diligences lancé en 1870.

Le 28 février 1970, un timbre de 0,30 DA démontre l’évolution du procédé de distribution du courrier par les facteurs. Le 23 octobre de l’année suivante verra l’émission d’un autre timbre de même valeur faciale représentant le bâtiment de la recette principale d’Alger, dont l’architecture hispano-mauresque en fait l’un des principaux monuments touristiques de la capitale avec une aile accueillant depuis le 1er novembre 2017 le Musée de la poste.

Le 22 avril 1972, Ismaïl Samsom signa un timbre de 0,40 DA, ciblant une des structures du réseau postal : le Centre de tri et de distribution d’Alger, où des agents assurent un service de jour et de nuit afin de garantir l’acheminement du courrier vers les différents centres de distribution. Le même artiste dessinera le timbre de 0,40 DA marquant cette fête le 20 janvier 1973, représentant une boîte aux lettres, premier réceptacle des lettres expédiées par les clients de la poste.

A travers l’émission du 5 octobre 1974, Kamareddine Krim fera connaître au grand public un nouveau moyen d’achat de timbres-poste. A cette époque, le distributeur automatique de figurines postales connaissait une grande utilisation à l’échelle mondiale. Un timbre de 0,80 DA bleu et orange représente cette machine manipulée par un client de la poste. 30 distributeurs automatiques de carnets de timbres-poste furent installés.

Le retour au patrimoine immobilier de la poste ayant une architecture singulière est marqué par l’émission d’un timbre-poste de 0,50 DA, le 10 mai 1975 signé Bachir Yelles et représentant le bureau de poste d’El Kantara, dans les Aurès, inauguré en 1937 et rénové en 1950.

La dernière fête que connaîtra le timbre-poste algérien est celle du 20 mars 1976, avec un timbre de 1,40 DA imprimé par Courvoisier. Le sujet cette fois est le facteur, cet agent de l’administration postale qui assure la distribution quotidienne du courrier ; le timbre le montre en train de glisser le courrier dans les boîtes aux lettres à l’entrée d’un bâtiment. Cette dernière émission coïncida avec la tenue d’une exposition philatélique à Alger, sous le thème «Journée du timbre – Connaissance de la philatélie».

Une vue rapide sur ces émissions nous montre que la poste avait une vision et un programme d’émission à long terme, car le thème «Fête du timbre» a touché plusieurs composantes de son environnement, à savoir les moyens humains et matériels entrant en action dans son cycle de vie. Malheureusement, le timbre-poste algérien ne connaîtra plus de fête après 1976.

Par Ismaïl Amer El Khedoud

El Watan le 24.05.2018



01/08/2018
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