CHAOUKI-LI-QACENTINA

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La vieille ville ne cesse de se dégrader

Des quartiers transformés en décharges


Un décor désolant dans la rue située près de...

En parcourant le pont Sidi Rached, du côté nord, les passants sont frappés par un décor désolant.

Toute une partie de la partie basse du quartier de Souika est transformée en décharge à ciel ouvert. Un constat amer d’une situation qui semble se banaliser. Même les services de la commune de Constantine ne se sont pas gênés de jeter sur la rue Benzegouta, à quelques pas de la mosquée Sidi Affane, des gravats d’une maison effondrée, il y a un peu plus d’une année, à la rue Mellah Slimane, pour contribuer à défigurer les lieux.

La commune aurait pu donner l’exemple en évacuant ces déblais en dehors de la vieille ville. Sur l’autre côté du pont, et comme une épidémie qu’on trouve du mal à éradiquer, l’image de la décharge qui s’est installée dans la durée sur le site dit Le Remblai, renvoie une piètre image de la ville. Un sale décor qu’on regarde impuissants du haut du pont Sidi Rached, l’un des symboles de Constantine, sur lequel on aime faire balader les touristes étrangers qui viennent admirer cette merveille naturelle qu’est le Rocher.

Les campagnes de nettoyage menées à chaque fois pour libérer les lieux des puanteurs n’ont pas eu raison de la détermination des vendeurs et même des riverains à vouloir coûte que coûte salir leur ville. Saïd M., qui tient un magasin d’alimentation générale à Souika est catégorique. «Je suis né dans cette partie de la ville, et je n’ai jamais vécu une pareille catastrophe ; autrefois, les vrais habitants de la vieille ville avaient du respect pour leur environnement et n’osaient jamais faire une chose pareille; cette situation est la conséquence de l’incivisme de ceux qui sont venus d’autres contrées pour squatter les vieilles maisons et bénéficier d’un logement social, ce sont eux la source du problème, mais aussi ces commerçants qui aiment vendre parmi les saletés ; tout cela avec la bénédiction des autorités», dira-t-il avec colère.

Il faut dire que les associations censées mener une action de sensibilisation et mobiliser les habitants pour un environnement sain n’existent plus. «Même la commune qui a pourtant mobilisé les gros moyens pour nettoyer certains lieux comme le 4e Kilomètre ou El Gammas, n’a jamais pensé à déblayer du côté de la vieille ville ; on ne comprend pas pourquoi ; nous on est pour pourvu que la volonté existe», poursuit Said. L’image d’une vieille ville qui croule sous des tonnes de décombres et de débris est partout présente. Et dire que les autorités veulent développer le tourisme et attirer les visiteurs étrangers dans une ville pleine de saletés.

Il n’y a qu’à voir le triste sort des ruelles de Souika où les maisons effondrées sont devenues des dépôts d’ordures et de déblais à l’image de la rue Benzagouta, mais aussi à la rue Cirta près de la rue Abdellah Bey, dans le quartier Essayeda. Même topo à la rue Sellahi Tahar (ex-Sidi Bouannaba), à quelques encablures de la rue Mellah Slimane. En avançant un peu plus loin, ont ne peut que déplorer ce décor d’ordures sur la rue située près de la mosquée Sidi Abdelmoumene et celle de Abou Abdallah Chérif. La même situation prévaut aussi dans le mythique quartier de Rabaine Chérif, où une immense décharge s’est installée dans la durée près des escaliers dits Droudj Erramah.

A Sidi Djeliss, le paysage n’est pas différent, comme c’est le cas aussi dans les rues Staifi Amar et les Frères Belmadani dans le quartier de la Casbah. Au rythme de cet immense bradage, va-t-on vers une dégradation programmée de la vieille ville au point où on aura honte un jour de faire venir des étrangers visiter ces lieux ? La question mérite une sérieuse réflexion.

Par/Arslan Selmane

El Watan

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17/10/2016
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