CHAOUKI-LI-QACENTINA

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Roches et ressources minérales

Des découvertes inédites

Il n’y a pas meilleure découverte que celle offerte par le timbre. Une figurine qui ne cesse d’explorer les belles facettes méconnues de la nature. Dans ce volet, on ne peut que se réjouir, en révélant dans cette chronique les pas franchis par des dessinateurs de timbres algériens, qui ont eu cette idée géniale et inédite d’explorer ce monde, en proposant aux collectionneurs des échantillons de roches et de ressources minérales d’une réelle beauté.

Une sorte de popularisation de la géologie, une science étrangère pour le commun des Algériens, dans un pays regorgeant pourtant de richesses minérales. S’il faut désigner un pionnier pour cette thématique inédite et originale dans le catalogue philatélique algérien, c’est bien Ali Kerbouche.

C’est lui qui «a posé la première pierre», avec la série émise le 21/4/1983, sous le titre «Ressources minérales», où il a illustré de fort belle manière «la rose des sables», «le sel gemme», «la fluorine» et «l’agate». Des noms qui ne sont pas pourtant étrangers, notamment la rose des sables, formée par la cristallisation de minéraux, très recherchée dans le désert par les passionnés des objets de décoration.

Moins connue, la fluorine, ou fluorite, est désormais très utilisée dans l’industrie chimique et sidérurgique et dans la fabrication du verre et des céramiques. On découvrira également l’agate et ses belles couleurs transparentes et translucides en forme de couronnes concentriques, ainsi que le sel gemme, très connu depuis la préhistoire et que des caravanes de dromadaires transportaient vers plusieurs régions du monde.

Durant des années, le sujet des roches est resté orphelin, jusqu’en 1994, quand Kamreddine Krim réalisa la 2e série regroupant «le grès lité érodé», «la marne à Turitella» et «le cipolin». Le premier est issu de l’érosion de roches d’origine sédimentaire, alors que la seconde est une roche sédimentaire constituée d’un mélange de calcaire et d’argile.

Quant au troisième, c’est une variété de marbre d’un fond blanc-vert, qui était très utilisé durant l’Antiquité par les Grecs, puis les Romains. Il est connu aujourd’hui sous le nom de «marbre de Karystos», en référence à un site en Grèce. Deux ans plus tard, le même dessinateur dévoila deux timbres sur les richesses minières de l’Algérie, grâce auxquels on découvre le gisement de fer de l’Ouenza, à 70 km de Tébessa, et celui d’or de Tirek et Amesmessa, à 500 km au sud de Tamanrasset.

Le 6/6/1999, Kamreddine Krim récidiva en réalisant sa troisième série «opus». On retrouva, illustrés, «le gneiss oeille», «le granite calco-alcalin» et «le schiste à séricite». La première et unique femme artiste à avoir fait une incursion dans ce monde des roches demeure Saliha Ammour.

Elle dessina la série de minéraux émise le 24/7/2002, avec pour sujets «calcite», «conglomérat», «galène» et «feldspath». Pour le cas de Saliha, qui avait à peine 28 ans à l’époque, la différence est de taille. Artiste-peintre autodidacte, elle est géologue de formation. Cette série de timbres collait parfaitement à son domaine et à son univers.

C’est bien grâce à un entretien réalisé par Mohamed-Achour Ali Ahmed et Djamel Lahlou, publié dans la revue philatélique Philnews (n°41 – mars-avril 2003), que nous avons découvert cette talentueuse artiste. On y apprend qu’elle est titulaire d’un ingéniorat d’Etat en géologie, décroché en 1998 à l’université des sciences et de la technologie de Bab Ezzouar.

Cette passionnée d’art participera à sa première exposition le 8 mars 1999, à l’occasion de la Journée mondiale de la femme. Son contact avec le défunt et célèbre philatéliste Ahmed Laroui, dont elle fréquentait la fameuse boutique d’«Ali Baba» à la recherche de vieilles cartes postales pour les besoins de ses toiles sur La Casbah d’Alger, lui fit découvrir le monde merveilleux des timbres.

Ce précieux contact lui ouvrit la voie de l’agence comptable des timbres-postes où elle fut bien orientée par son chef, M. Ammari, ainsi que par M. Rabhi, conservateur du musée de géologie aux Pins-Maritimes. Malgré ses souhaits d’explorer d’autres thèmes pour en faire des dessins sur les timbres, Saliha Ammour n’eut pas la chance de revivre cette belle expérience.

Un fait qu’on regrette amèrement, surtout qu’il existe un peu partout en Algérie beaucoup de jeunes talents, autodidactes comme Saliha, ou diplômés des Ecoles des beaux-arts, qui méritent d’avoir la chance de dessiner des timbres-poste, pourvu qu’ils trouvent la bonne étoile au bon moment.

Par/S. Arslan

El Watan



02/03/2019
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