CHAOUKI-LI-QACENTINA

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Association de réflexion et d’action pour l’environnement de Sétif

Pour la préservation du milieu naturel de la sittelle kabyle

 

A l’initiative de l’Association de réflexion, d’échanges et d’actions pour l’environnement et le développement, une conférence de presse a été organisée, jeudi dernier, à l’Ecole MBI de Sétif, ayant pour thème les circonstances de la découverte de la sittelle kabyle, son habitat et ses besoins de conservation, animée par Jean Paul Ledant, enseignant belge et découvreur de la sittelle.

Pour sa part, le professeur Bellatrèche a mis l’accent dans son intervention sur les préférences écologiques de la sittelle kabyle, Sitta Ledant. D’emblée, Jean Paul Ledant, ornithologue et enseignant à l’Institut national d’agronomie d’El Harrach, revient sur les circonstances et les péripéties de la découverte de la sittelle kabyle, un jour d’octobre 1975, alors qu’il était venu observer dans la forêt de Djebel Babor le sapin de Numidie. Pour lui, ce fut par hasard qu’il découvrit un passereau qui attira vite son attention.

C’est une nouvelle espèce d’oiseau, un piaf jaune-orange en dessous, bleu en dessus, avec un sourcil noir du genre Sitta, appartenant à la famille des Sittidae. L’espèce, selon lui, sera formellement décrite par Jacques Vieillard, éminent ornithologue français, au mois de juillet 1976, sous le nom scientifique de Sitta Ledanti dite sittelle kabyle ou Sittelle.

Quant au Pr K. de Smet, il évoque les différentes espèces de mammifères se trouvant à travers le territoire national, tout en soulignant leur importance et leur rôle dans la biodiversité animale. En revanche, le professeur Bellatrèche s’est longuement étalé sur la Sittelle kabyle, unique oiseau endémique qui, selon lui, est en danger de disparition, en raison de son aire de répartition limitée et qui se réduit progressivement par les effets conjugués des incendies, de l’érosion et des activités humaines.

Elle est désormais classée en danger par l’Union internationale de la conservation de la nature (UICN), même si depuis, dira-t-il, on a retrouvé la sittelle kabyle en plus grand nombre en dehors du Djebel Babor, qui était lors de sa découverte estimée à 80 individus dans la forêt de chênes de Guerrouch, dans le parc national de Taza, au nord-est et dans les massifs de Djimla et Tamentout à l’est de djebel Babor dans la wilaya de Jijel.

Pour lui, les Babors gardent leur exceptionnalité, du fait qu’ils sont les derniers sanctuaires du sapin de Numidie, sapin méditerranéen qui a disparu partout ailleurs et qu’affectionne précisément la sittelle kabyle. Il évoquera, entre autres, le futur Parc national de djebel Babor dont l’idée est portée par l’AREA-ED qui met en place les conditions participatives de sa création grâce à un financement du Fonds de partenariat pour les écosystèmes critiques et en tant qu’aire protégée, l’instrument privilégié pour la conservation de la remarquable biodiversité spécifique et paysagère des Babors.

UN OISEAU ENDÉMIQUE ET MENACÉ

Le futur parc s’étendra sur les communes de Babor et Oued El Bered dans la wilaya de Sétif et Derguina et Tamrijet dans la wilaya de Béjaïa, à une altitude variant de 200 à 2004 m.

A cette occasion, un vaste et riche programme a été concocté par l’Association de réflexion, d’échanges et d’actions pour l’environnement et le développement, qui sera clôturé par une fête de la nature et de la biodiversité organisée par l’APC de Babor et de Oued El Bered, les associations locales et les services forestiers. A rappeler que la sittelle kabyle appartient à la famille des Sittidae, représentée en Algérie par une seule espèce : la sittelle kabyle, qui porte le nom savant de Sitta ledanti.

C’est l’oiseau le plus célèbre d’Algérie et l’un des plus rares dans le monde. Ce petit passereau qui mesure 12 cm de long, a un dos gris-bleu, le dessous beige et la gorge blanchâtre. Le dessus de la tête est noir et les joues blanches. La queue est courte. La sittelle kabyle est un grimpeur par excellence qui peut se déplacer la tête vers le bas. Cet oiseau reste très vulnérable et est également confronté au risque d’extinction élevé à moyen terme, selon les critères définis par l’U.I.C.N.

Le classement du Babor est un élément déterminant dans le cadre de sa conservation et préservation, limitées à la seule région naturelle de la petite kabylie.

 

L. Bourdim

El Watan



08/06/2016
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