CHAOUKI-LI-QACENTINA

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BENI SALAH


Une réserve forestière
à préserver

La commune de Hammam de Beni Salah compte à son actif une des plus belles forêts ayant fait un défi durant la Guerre de Libération aux colonialistes français, qui, selon l'histoire, avaient laissé en ces lieux des plumes. De rudes batailles ont eu lieu lesquelles s'est soldées par une victoire des moudjahidine. De tels échecs ont contraint les français à larguer du napalm ravageant les espèces végétales. On raconte que la soldatesque française n'avait pas le droit de s'aventurer en ces lieux minutieusement occupé par des anciens moudjahidine connaissant le moindre recoin. Bref la municipalité située à douze kilomètres de son chef-lieu de daïra Bouhadjar, wilaya d'El Tarf et trente kilomètres de la daïra de Bouchagouf dans la wilaya de Guelma a une richesse forestière qui s'étend sur plus de quatre mille hectares confinée sur une autre chaîne de montagne ayant un prolongement sur les forêts de Souk Ahras et les immenses djebels de Guelma.
A peine le touriste venu des régions voisines ou de contrées des villes de l'intérieur foule son sol, il est vite épaté, voire même apprivoisé par les prémices d'une fraîcheur d'après les informations recueillies auprès des habitants de cette commune de moins de douze mille habitants. Lors de notre passage, nous avions été stupéfaits par cette grande et luxuriante forêt, faite dans la majorité écrasante de chêne-liège et de zen et d'autres espèces forestières propres à cette région. Force est de constater que ce riche patrimoine, en dépit des moyens dont dispose le pays, ne semble pas être suffisamment pris en charge par les responsables assurant sa gestion.
D'ailleurs, les gardes forestiers mobilisés pour sa protection se comptent sur les doigts d'une seule main. Notons qu'une grande partie de cette forêt faisant partie de réserve forestière, renferme des espèces animalières rarissimes et certaines en voie d'extinction, notamment le cerf de barbarie traqué par les braconniers. Jalouses de cette importante richesse, les familles riveraines assurent la garde des lieux. Par temps ensoleillé, ces prairies font la joie des petits et des grands. En fin de journée, ils prennent leur bain au hammam naturel, dont les eaux sont bénéfiques, selon des spécialistes avertis au traitement de maladies de la peau... Ce don du ciel ne dispose d'aucune infrastructure, en dépit de l'efficacité de ses eaux dans le traitement rhumatismal, nous confie-t-on. Les autorités wilayales semblent observer un silence radio sur les opportunités d'emploi qu'offre ce lieu, si l'on y met un peu de son grain.
Il est temps que l'on y pense pour envisager un réel développement dans ces contrées abandonnées à leur triste sort. Il suffit d'un geste aussi minime soit-il pour redonner espoir à ces populations et préserver, en outre, ces richesses naturelles contre toute forme de dégradation. Pour quelques litres de miel, nous dit-on, en été des citoyens par ignorance détruisent chaque année des milliers d'hectares, causant la mort de plusieurs milliers d'animaux vivant dans cette réserve. La population de cette contrée se heurte, chaque été, à des coupures intempestives de courant électriques et au sempiternel manque d'eau potable.
Cet élément vital est servi dans les robinets des ménagers parfois après deux jours, nous affirme un habitant de la nouvelle cité. Les complaintes maintes fois lancées n'ont pas eu à haut niveau de répondants ce qui pousse souvent la population à déclencher des émeutes juste pour faire entendre leur voix, devenue, de nos jours, à la mode. Pour les voies de communication demeurent au niveau de cette municipalité insuffisantes, les routes bitumées ont commencé depuis bien longtemps à perdre leur asphalte, voire même que certaines mechtas de fortes concentrations rurales sont inaccessibles par moyens motorisés. Le transport demeure fragilisé et les coûts élevés vont crescendo, à l'instar des autres villages socialistes, Hammam Béni Salah dispose de sa mosquée, de ses écoles primaires et un des plus beau CEM où la pratique informatique est une réalité palpable, depuis maintenant six ans.
Les collégiens comme ceux des grandes agglomérations ont droit d'accès à l'Internet, grâce à une initiative de son ex-chef d'établissement muté dans la localité de Sidi Kaci. Mais, avant que cela ne soit possible, il est temps au responsables du secteur de mettre en application le projet consistant à généraliser le téléphone fixe. Ce dernier manque cruellement dans les nouvelles cités ; même les études n'ont pas été faites…
Menrad Bahmed



10/02/2012
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