CHAOUKI-LI-QACENTINA

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La Grotte Capéletti d’Oued Taga (Batna)

Une zone humide "néolithique"


La grotte de Khenguet Si Mohamed-Tahar, également connue sous l’appellation de grotte Capéletti, située dans la commune d’Oued Taga (Batna) doit son importance particulière au fait d’avoir servi d’abri à l’homme depuis l’ère néolithique qui marque les origines du pastoralisme berbère.

Découverte au début du XXème siècle par le français d’origine italienne, Jean-Baptiste Capéletti, cette grotte qui porte depuis 1969 le nom de cet homme figure parmi les premières cavités naturelles utilisées par l’homme en Afrique du Nord.

Selon un cadre de la conservation des forêts de la wilaya de Batna, Othmane Briki, responsable du service de la faune et de la flore, "de nombreux spécialistes affirment que cette caverne a accueilli l’homme entre 7.000 et 3.000 ans avant notre ère".

Ce responsable, également chef du réseau de recensement des grottes de la wilaya de Batna, ajoute que Capéletti avait découvert, dans cette excavation néolithique, des haches en pierre polie, des poteries, des parures en plume d’autruche, ainsi que des herminettes (sorte de petites haches pour dégrossissage des troncs d’arbre, ndlr) qu’il avait emmenées en France où elles sont encore conservées au département de la préhistoire du Musée de l’Homme de Paris tandis que certains autres objets se trouvent au Musée national du Bardo à Alger.

Son emplacement exceptionnel en a fait un site de prédilection pour les premiers hommes

La grotte Capéletti qui continue d’intéresser les anthropologues se trouve dans la région de Berbaga, sur le mont Timagoul, à une altitude de plus de 1.350m au-dessus du niveau de la mer, au milieu d’un paysage verdoyant qui l’a habilitée à servir de refuge aux premiers berbères il y'a environ 7.000 ans avant l’ère chrétienne.

Les objets trouvés dans cette grotte, également appelée Foum Qsantina, étayent la thèse selon laquelle les bergers du néolithique avaient choisi cette grotte comme refuge estival (durant la transhumance) pour leurs bêtes, leurs provisions et leurs objets précieux.

Ce type de refuge constitue "l’ancêtre" des Thakliath, ces édifices collectifs construits par la population locale, en pierre et sur plusieurs niveaux, dont les ruines sont encore visibles sur les flancs des montagnes des vallées d’Oued Labiod et d’Oued Abdi.

Des fouilles ont été menées sur ce site, notamment entre 1934 et 1936, sous la direction de Thérèse Rivière, Germaine Tillon et Jacques Faublée, tous trois anthropologues du musée de l’Homme de Paris (France), puis entre 1968 et 1970 par Colette Roubet, chercheuse au Centre national français de recherche scientifique (CNRS), selon M. Briki.

Ces travaux ont établi de manière formelle qu’une succession de populations pastorales avaient vécu dans cette grotte utilisée durant la belle saison et temporairement abandonnée vers la fin de l’automne, juste avant la survenue des grands froids.

La famille Capéletti s’était installée en 1848 dans cette région des Aurès dont Jean-Baptiste tomba fou amoureux. Il fit construire en 1900 le premier moulin à grains de la région et épousa une femme chaouie nommé Hemama originaire de Chir près de Menaâ.

Capéletti vendait aussi le guano (excréments) des chauves-souris qui se trouvaient dans la grotte et dont il révéla l’existence, d’abord au géologue Robert Laffitte.

La grotte Capéletti, la plus importantes des 53 cavités inventoriées à Batna

Pour le chef du réseau de recensement des grottes de la wilaya de Batna, Capéletti est assurément la plus importantes des 53 grottes ayant à ce jour été recensées dans la wilaya de Batna.
Les spécialistes du réseau œuvrent à explorer les zones humides et à répertorier les espèces qui y vivent, notamment les chauves-souris, selon M. Briki qui indique qu’une réflexion est engagée pour trouver les moyens de valoriser ces sites naturels dont certains sont entourés de mythes entretenus par la tradition orale locale. Il est notamment souhaité l’aménagement de pistes carrossables permettant l’accès à ces sites situés, pour la majorité, dans des zones où le relief est très accidenté.

Le Temps d'Algérie



02/02/2015
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