CHAOUKI-LI-QACENTINA

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La polémique a duré des décennies entre historiens

«Le mausolée du Khroub n’est pas celui de Massinissa»


C’est l’une des plus vieilles polémiques dans l’histoire de l’Algérie, presque une querelle qui a duré des décennies, entre historiens et autres intervenants de tous bords.

Cependant, la question semble être tranchée entre archéologues et spécialistes de l’histoire de l’Algérie numide. «Le mensonge entretenu durant des décennies par des gens qui n’ont rien à voir avec l’archéologie ni avec l’histoire est devenu une vérité historique au sein des profanes parmi les responsables et la population», a déclaré Hocine Taoutaou, préhistorien et chercheur responsable de l’annexe de Constantine du Centre national des recherches historiques, anthropologiques et historiques (CNRPAH).

Invité mercredi par le Musée national Cirta de Constantine, dans le cadre des cycles de conférences lancés il y a quelques mois, Hocine Taoutaou a démonté par des preuves écrites, archéologiques et scientifiques la thèse faisant attribuer le mausolée de la Soumaâ à El Khroub dans la wilaya de Constantine au roi numide Massinissa.

Entamant par retour sur l’histoire du mausolée, situé sur une plaine stratégique dominant les routes menant vers Constantine, traversées à travers les siècles par les armées romaines puis françaises en 1836 et 1837, Taoutaou est revenu sur les premières descriptions du lieu par des architectes membres du corps expéditionnaire et les premières attributions du mausolée à Massinissa.

«Ce n’étaient finalement que de simples hypothèses émises par des gens non spécialisés et non fondées sur des recherches scientifiques. Rien ne prouvait que ce mausolée remontait à l’époque de Massinissa», affirme Taoutaou.

Pourtant, un éminent spécialiste en matière d’archéologie, et auteur du fameux Atlas archéologique de l’Algérie en 1901 avait déjà donné les premières réponses à pas mal de questions qui tournaient au sujet de l’époque durant laquelle a été construit. Il faudra attendre les premières fouilles réalisées par les Français entre 1915 et 1916 pour tirer les choses au clair après la découverte du mobilier funéraire et les deux squelettes. «Tout travail basé uniquement sur les sources historiques demeure toujours insuffisant, il faut toujours faire des recherches sur le terrain», soutient-il.

Dans un long exposé soutenu par les résultats des études effectuées sur les techniques de construction adoptées pour la réalisation du mausolée du Khroub, ainsi que sur les résultats des analyses effectuées par un laboratoire allemand sur les objets et les squelettes retirés du caveau, Hocine Taoutaou est formel.

«Tous les résultats de nos recherches ont confirmé que la construction du site remonte à la 2e moitié du 2e siècle avant Jésus-Christ, alors que le mobilier funéraire date de la fin du 2e siècle avant J-C, le plus important est que les deux squelettes trouvés sont d’un homme âgé d’une cinquantaine d’années et d’un jeune, qui sont probablement ceux de Micipsa, fils de Massinissa, et de son fils Himpsal. Nous sommes sûrs maintenant que le mausolée n’a jamais été celui de Massinissa, mort à l’âge de 90 ans», conclut-il.

«Nous avons les sources écrites, les travaux réalisés sur le terrain et les résultats de la datation du mobilier et des squelettes, il ne faut plus inventer des choses qui ne sont pas réelles», tranche Hocine Taoutaou. Mais en fait, ces vérités vont-elles mettre fin à la longue polémique sur la question ? L’avenir nous le confirmera.

Par/Arslan Selmane

El Watan



01/01/2018
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