CHAOUKI-LI-QACENTINA

CHAOUKI-LI-QACENTINA

Le sud algérien sur les timbres-poste (2e partie)

Le Hoggar, une histoire réduite aux images folkloriques


Sur les guides touristiques et les brochures des agences de voyages, le Hoggar figure sur le top 10 des destinations préférées en Algérie.

Des sites d’une beauté naturelle unique au monde où l’on se laisse perdre dans l’immensité d’un panorama qui abrite les terres ancestrales des Touareg. Toute une richesse qui n’a pas pourtant trouvé la moindre place sur le catalogue philatélique algérien de l’indépendance à nos jours.

Tout aussi incompréhensible qu’étrange pour un espace qui couvre une superficie de 50 000 km2 et dont le massif situé au nord de Tamanrasset abritant la célèbre montagne du Tahat avec ses 2918 m, qui en font le plus haut sommet de l’Algérie, et où on peut admirer les plus beaux levers et couchers du soleil. Mais, en dehors de tous les tapages médiatiques et les cérémonies folkloriques à diverses occasions, la réalité est désormais connue pour être très dure.

En 56 ans, l’immense Hoggar, avec tous ses charmes et toutes ses splendeurs qu’on fait passer inlassablement sur les écrans de télévision, n’a pas pu trouver un espace sur une simple vignette de 37 mm x 31 mm, contrairement aux congrès du FLN durant les années 1980, qui s’affichaient avec faste sur des blocs feuillets.

Un impair à classer dans «le catalogue de l’ignorance et du mépris». Du mépris aussi pour ces valeureux Touareg à l’histoire millénaire réduits à de simples artisans et danseurs folkloriques.

La première apparition du Hoggar dans l’histoire de la philatélie algérienne remonte au 18/11/1972 dans la fameuse série des costumes dessinés par Bachir Yelles, avec le costume traditionnel de l’homme targui. Adapté à un environnement hostile, cet effet vestimentaire simple est une gandoura à manches longues de couleur blanche, enfilée sur un pantalon de la même texture en lin léger, avec en dessus une cape de couleur sombre sans manches ramenée sur les épaules.

Les hommes bleus portent le Tagoulmoust, un voile léger pour se protéger contre le sable et le soleil. Une seconde vignette du même dessinateur fera son apparition le 22/2/1975, illustrant le costume des femmes du Hoggar. Un habit sobre composé d’un long tissu de couleur sombre, avec en dessous une robe de tissu ordinaire sans manches et un pan de sari replié sur la tête pour couvrir le visage en guise de coiffe.

Dans les émissions philatéliques qui suivront sur une période de plus de 30 ans, la région ne sera présente que par son aspect patrimonial et artisanal. On citera en premier lieu les deux timbres consacrés au tindi et à l’imzad, dans la série des instruments de musique sortie le 20/9/1984 d’après des dessins de Kamreddine Krim. Suivra la fameuse danse de la Sbiba parue sur un timbre de 1986, puis sur un autre en 1999, avant de réapparaître sur deux timbres se tenant, émis le 27 septembre dernier.

L’activité artisanale des Touareg est la mieux représentée dans cette saga avec pas moins de quatre émissions illustrant des bijoux (19/12/1991), des objets en cuir (14/2/1996), des cadenas (17/5/2000) et les bijoux de Tin Hinan (bracelets en or, pendentif et collier de perles) parus le 18/4/2017 sur un bloc feuillet «surdimensionné», d’après un dessin de Zineb Bahri.

La seule exception dans toute cette histoire a été la zone humide de l’Issakarassen près de Tamanrasset, rappelée sur un timbre émis le 23/3/2008 pour célébrer la Journée mondiale des zones humides.

Mis à part cela, le riche passé des Touareg demeure encore occulté, car ni l’oasis d’Abalessa, où se trouve le tombeau de Tin Hinan, ni aucun portrait de cette dernière, considérée comme l’ancêtre de ce peuple du Hoggar, n’ont eu les faveurs de la Poste algérienne pour figurer sur des timbres-poste, alors qu’aucune mention n’a été faite sur les treize essais nucléaires souterrains effectués par l’armée française sur le site d’In Eker, de novembre 1961 à février 1966, à une époque où l’Algérie n’avait pas encore recouvré toute son autorité sur le Sahara. Un sujet classé tabou.

Par/ Arslan S.

El Watan



22/11/2018
0 Poster un commentaire

A découvrir aussi


Inscrivez-vous au blog

Soyez prévenu par email des prochaines mises à jour

Rejoignez les 57 autres membres