CHAOUKI-LI-QACENTINA

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Place Si El Haoues

Un lieu historique clochardisé


Tous les espaces sont squattés

Le jeudi est un jour béni pour les foules à Constantine, surtout lorsqu’il fait beau. C’est aussi un jour des bonnes affaires pour les propriétaires des boutiques, tous commerces confondus des rues Didouche Mourad et 19 Juin 1965.

C’est aussi un jour béni pour les gardiens autoproclamés des parkings informels du quartier de la Casbah. Les plus chanceux sont ceux exerçant à la place Si El Haoues (ex-place générale), située en plein centre-ville et réhabilitée, il y a quelques années, pour des milliards de centimes, mais elle servira en fin de compte de parking informel.

Pourtant les habitants de la ville et les riverains, espéraient avoir une place publique digne où les gens viennent pour se balader, se rencontrer sur les cafés des terrasses. Malheureusement, un autre sort a été réservé à cette place historique qui abrite la Palais du Bey Ahmed, le centre d’information de la 5e région militaire et la mosquée Hassan Bey, toujours fermée pour une opération de restauration qui ne semble pas connaitre sa fin. «Vous allez rester longtemps madame», s’adresse un jeune en survêtement noir à la conductrice d’une Peugeot 308.

C’est la condition pour donner le laissez-passer et avoir droit à une place pour une courte durée, car les places ici doivent être rentabilisées. Le chef du parking se démerde comme un fou pour caser le maximum de voitures. «Vous me laissez les clés de la voiture, khouya, c’est pour permettre de faire les autres voitures», dira-t-il au propriétaire d’un Toyota.

Ce dernier obtempère sans discuter. Sinon, il n’aura pas droit à sa place. C’est la loi du «parkingueur». Jeudi à 14h, il y avait au moins une centaine de voitures sur toute l’étendue de la place, sans parler des véhicules qui viennent et d’autres qui quittent la place. Tous les lieux sont exploités. Devant le siège de l’agence de la BDL, ou celui de la BEA, situé juste en face, où à proximité du CEM Fatima Zohra, ou encore en face du Palais du Bey, les voitures sont stationnées pare-choc contre pare-choc. On ne laisse même pas de quoi laisser passer l’air tout autour. Tout est calculé.

Des désagréments à longueur de journée

Venus visiter le Palais du Bey, des touristes étrangers étaient surpris par toute cette anarchie. C’est une situation que les habitants déplorent avec dépit. «Chaque jour, je n’ose pas ouvrir ma fenêtre ni sortir au balcon, car j’aurai mal à la tête et aux oreilles ; nous vivons un vrai calvaire au quotidien, nous ne connaissons jamais la tranquillité», nous dira un habitant de l’immeuble situé près de l’agence de la BDL. Pour les clients des cafés de cette place, cette anarchie est devenue insupportable. Les scènes des défilés de voitures se répètent au quotidien. Au moins douze voitures attendent leur tour sur la rue Mohamed Bestandji. Le défilé se prolonge jusqu’à la place Khemisti, où la file se prolonge jusqu’au boulevard Zighoud Youcef, près du siège de la mairie, où des voitures font aussi la queue. Cela devient infernal pour la circulation sur la rue Abdellah Bouhroum.

Attablés près d’un café sur la place Si El Haoues, des jeunes s’expriment avec regrets : «C’est vraiment désolant qu’un tel lieu soit transformé en parking ; voyez-vous, nous sommes encerclés par les voitures de toutes parts, nous ne pouvons même passer un moment à l’aise, de plus, on ne peut pas y accéder facilement ; on doit faire des slaloms entre les voitures», déplorent-ils. Au lieu d’être un espace dégagé, la place Si El Haoues est devenue un espace étranglé et étouffant. «C’est vraiment étrange que les services de la mairie restent aveugles face à cette situation, alors qu’ils se trouvent à quelques mètres des lieux, et ils regardent le décor chaque jour sans réagir», dénonce un riverain.

Par/Arslan Selmane

El Watan



05/03/2017
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