CHAOUKI-LI-QACENTINA

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Prochaine réhabilitation des rues Didouche Mourad et 19 juin 1965

Un scandale qui en cache d’autres


Ce ratage a causé un énorme préjudice au Trésor public

Bien qu’elle fût attendue depuis un certain temps, l’information a eu l’effet d’une bombe au sein de la rue constantinoise.

Il s’agit du lancement annoncé pour la semaine prochaine d’une nouvelle opération de réhabilitation des rues Didouche Mourad et 19 Juin 1965, moins d’une année après la réception des travaux, engagés pompeusement dans le cadre du sinistre événement «Constantine capitale de la culture arabe 2015».

Ce sera un coup très dur pour le Trésor public, qui aura à subir les effets désastreux d’une opération menée à la hussarde, sans aucun respect des normes requises, ni aucun suivi rigoureux, avec en plus des matériaux très coûteux et de très mauvaise qualité. Des faits que nous avions déjà dénoncés sur les colonnes d’El Watan au tout début de l’opération, au mois de janvier 2015. Les malfaçons apparues après les premières chutes de pluie avaient mis à nu la gabegie flagrante et le laisser-faire des autorités de la wilaya et ceux de la DUC. Coût de l’opération : plus de 50 milliards de centimes, selon les chiffres avancés.

Tout le monde à Constantine, notamment les commerçants et les riverains, avaient jugé cette affaire de véritable massacre à grande échelle, sauf deux personnes. Le premier a été l’ex-DUC, Mehdi Habib, qui avait défendu bec et ongles les chantiers dont il s’est vu confier la réalisation, et qui ont mené à un véritable naufrage financier, en raison de leurs coûts astronomiques défiant toute logique.

Le second n’était autre que l’ex-wali, Hocine Ouadah, qui refusait de voir en face la réalité choquante, s’obstinant à couvrir le grand mal fait à la ville. A une question de notre journaliste sur la dégradation des rues Didouche et 19 Juin, lors d’une visite aux chantiers en instance effectuée au mois de mai 2016, il n’avait pas hésité à accuser les Constantinois d’être à l’origine de cette situation, en circulant en voiture dans ces deux artères.

Hier, la décision de reprendre les travaux a été prise par la direction de l’urbanisme, suite aux instructions du wali, Kamel Abbes, après une récente visite sur les lieux, où le constat accablant a été fait.

«Des mises en demeure ont été adressées à l’entreprise réalisatrice pour reprendre les travaux et corriger les malfaçons enregistrées sur les deux artères — Didouche Mourad et 19 Juin 1965 —, mais celle-ci ne s’est pas manifestée, ce qui nous a amenés à engager des poursuites judiciaires contre elle.

Une consultation, lancée récemment, a abouti à la désignation d’une nouvelle entreprise, qui entamera les travaux la semaine prochaine, et tous les frais engagés seront à la charge de l’entreprise défaillante», a déclaré hier le directeur de l’urbanisme de la wilaya, Abdelouahab Aribi, sur les ondes de la radio locale. Sans révéler le nouveau montant de l’opération, le DUC a reconnu implicitement les défaillances relevées, dont on citera la dégradation du pavé utilisé dans plusieurs endroits, la mauvaise réalisation des avaloirs d’évacuation des eaux pluviales, la stagnation des eaux sur plusieurs parties, mais aussi le reflux des eaux usées dont se plaignent de nombreux commerçants.

C’est dire que le ratage est incommensurable. Ce cas ne sera pas sûrement le dernier, car le scandale de l’ex-Rue de France en cache d’autres. Une question se pose quand même : en plus de poursuivre l’entreprise incriminée, ne faudrait-il pas demander des comptes aux vrais coupables, l’ex-DUC et l’ex-wali ?

Par/Arslan Selmane

El Watan



08/02/2017
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