CHAOUKI-LI-QACENTINA

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Réhabilitation de l’hôtel Cirta

La réception du projet prévue pour 2020


L’opération a bénéficié d’un budget préliminaire de 400 millions de dinars

Programmée en 2014 et annoncée par toutes les autorités dans le cadre de l’événement ‘‘Constantine capitale de la culture arabe (CCCA)’’, la réhabilitation de l’hôtel Cirta, qui a fait couler beaucoup d’encre, reste loin de voir le jour.

Rappelons que les travaux consistent à réhabiliter, réaliser des extensions et transformer cette infrastructure en un grand palace, tout en gardant son aspect architectural et historique. Hélas, de nombreux incidents sont survenus, retardant l’achèvement des travaux dans les délais communiqués par les responsables locaux.

Pis encore, ce projet, qui a bénéficié d’un budget préliminaire de 400 millions de dinars, a connu même un arrêt temporaire de réalisation à cause du manque de main-d’œuvre et d’insuffisance du budget. «Le projet a été inscrit en 2014, mais les travaux n’ont été lancés qu’en janvier 2015.

C’est la régularisation des documents administratifs qui nous a pris beaucoup de temps, environ une année», a déclaré Lilia Bouhzam, directrice des ressources humaines de l’entreprise chinoise Libei Ya Sinotel, chargée du projet. Et de poursuivre que les travaux n’ont jamais connu d’arrêt. «Certes nous avons enregistré un retard considérable, dont les causes sont liées à plusieurs facteurs financiers surtout, mais les travaux n’ont jamais été suspendus momentanément.

Bien au contraire nous avons continué à assurer les travaux malgré le manque de budget», a-t-elle insisté. Sur place, les travaux réalisés l’an dernier ne semblent pas avancer d’un iota, surtout que le nombre d’ouvriers chinois mobilisés sur le chantier, estimé à quelques dizaines, est insignifiant par rapport à ce qui reste à réaliser.

Ce manque d’effectif, ayant duré plus d’une année, s’est répercuté négativement sur l’avancement du projet. Pourquoi sur le chantier il n’y a que des Chinois mobilisés pour la réalisation ? Pourquoi l’entreprise chinoise ne recrute-t-elle pas de nouveaux ouvriers algériens pour combler le déficit et achever les travaux dans les délais ?

Un recrutement d’ouvriers en 2019

Nous avons appris sur place que le chef de projet chinois refuse de recruter des Algériens parmi les employés chargés de la maçonnerie et autres. Pour ce qui est du peu d’Algériens embauchés, ils sont affectés à l’administration. «Nous avons commencé avec 200 employés, mais vu les conditions financières et l’insuffisance du budget à l’époque, plusieurs employés ont quitté le chantier ou ont été licenciés, faute de paiement.

Mais après, nous avons pu obtenir de nouvelles enveloppes qui nous ont permis d’avancer et proposer de nouveaux postes pour des travailleurs chinois», a expliqué Lilia Bouhzam. «Il y a plusieurs facteurs qu’il faut prendre en considération, dont le premier concerne le manque de compétences. L’entreprise préfère ramener des experts, des électriciens et des techniciens professionnels de Chine, plutôt que de recruter des Algériens non diplômés.

Car il est nécessaire de noter qu’en Chine ce genre de travailleurs est formé et détient un diplôme de maîtrise de ces tâches, contrairement aux Algériens. D’autre part et pour ce qui est des experts algériens, aucun n’accepte le salaire minime proposé par l’entreprise», poursuit notre interlocutrice. Cette dernière a incombé le manque d’effectif aussi aux procédures administratives et au décalage dans l’octroi de visas au profit des travailleurs chinois. En conclusion, Mme Bouhzam nous a affirmé que l’entreprise va proposer de nouveaux postes d’emploi au début de l’année 2019, pour renforcer le chantier.

Manque de matériaux

La liste des obstacles soulevés semble très longue. Nous avons appris que l’entreprise chinoise est à la recherche de certains matériaux nécessaires, particulièrement des pièces et des pierres de décoration anciennes, dans les marchés étrangers pour effectuer certains travaux. «Effectivement, nous avons également rencontré le problème du manque des matériaux adéquats et précieux pour la rénovation. Il s’agit beaucoup plus des pierres historiques et rares découvertes à l’hôtel Cirta.

Notre objectif est de garder son charme architectural et son aspect historique. Nous sommes en train de chercher ces pierres en Espagne et en Italie, dans l’espoir de trouver quelques-unes identiques aux premières. Mais c’est loin d’être un problème compliqué pour arrêter les travaux», a rassuré la directrice des ressources humaines. Et de rappeler les difficultés de la rénovation et les surprises qui peuvent survenir, lorsqu’il s’agit d’une bâtisse historique».

D’autre part, et concernant toujours «les surprises rencontrées» lors des travaux, certains employés nous ont affirmé que l’entreprise chinoise a connu un sérieux problème technique lors de l’excavation du sol situé devant le bâtiment de l’hôtel. Ce n’est pas tout, nous avons également appris auprès de sources bien informées que les superviseurs étaient en désaccord à propos de la nature des travaux à effectuer sur place.

Certains voulaient sauvegarder l’aspect architectural et la valeur historique de ce patrimoine et d’autres optaient pour la modernisation et le changement radical du décor. «Il y a des Marocains, des Espagnols et un bureau d’études italien qui veillent sur la réhabilitation afin de sauvegarder l’aspect architectural de l’hôtel», a soutenu Lilia Bouhzam.

À notre question sur la date de livraison, sachant que le taux des travaux ne dépasse pas les 50%, Mme Bouhzam a déclaré : «L’entreprise chinoise envisage une livraison provisoire en 2019, avec une année de garantie. Ceci dit, nous espérons une réception définitive en 2020. Mais cela ne reste que des prévisions et tout dépend de la nature et des conditions des travaux.»

Par/ Yousra Salem

El Watan



17/08/2018
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