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Santé et campagnes de prévention

La tuberculose et le sida en tête d’affiche


Le triste «feuilleton de l’été», qui a «fait exploser l’audimat» et que les Algériens n’ont pas raté un jour, surtout que «l’acteur principal» s’appelait le choléra, ne cesse de faire des vagues à ce jour.

Il est venu leur rappeler l’amère réalité qu’ils ne sont pas à l’abri des épidémies, même si leur pays compte les meilleurs hôpitaux du monde, selon un ex-célèbre ministre de la Santé.

Sachant aussi que les ministres de la Santé et les hauts cadres de l’Etat ne se font jamais soigner dans ces «meilleurs hôpitaux» classés parmi «les grandes réalisations du Président» et préfèrent aller à l’étranger. L’épisode du choléra a donné une image froissée pour un pays ayant un passé de leader mondial dans la lutte contre des maladies qui faisaient des milliers de morts. L’histoire de cette «belle épopée» des années 1970-1980 demeure encore mémorisée sur les timbres algériens. A l’époque, c’était la tuberculose qui tenait la tête d’affiche.

Comme au cinéma, la lutte contre cette maladie était devenue l’un des sujets classiques de la philatélie algérienne, qu’on redécouvre aujourd’hui. On se rappelle encore de cette première figurine de couleur orange émise le 5/1/1974, d’après un dessin de Bachir Yelles, représentant un bébé protégé contre la tuberculose parce qu’il avait reçu le fameux BCG (vaccin bilié de Calmette et Guérin).

Un message à l’adresse des parents et de la population qui sera repris par Mohamed Temmam sur un timbre sorti le 24/4/1976 intitulé «Tuberculose danger pour tous». La lutte anti-tuberculeuse sera encore une fois le sujet d’un troisième timbre réalisé par Yelles et émis le 5/10/1978, où l’Etat algérien met en exergue l’importance d’un traitement régulier pour assurer la guérison.

Une quatrième émission sur la tuberculose fera son apparition le 18/3/1982, où la Poste algérienne a célébré sur un timbre dessiné par Kamreddine Krim le centenaire de la découverte du bacille de la maladie et qui porte le nom de BCG. Cette figurine ne sera pas la dernière, puisqu’un cinquième timbre, dessiné par Ali Kerbouche et consacré à la lutte contre la tuberculose, sera émis quatre ans plus tard.

La Poste fera quand même des exceptions. Un timbre sur le kyste hydatique, dont les risques demeurent encore présents de nos jours sera émis le 23/4/1981, d’après un dessin de Mohamed Louaïl à l’occasion de la tenue en Algérie du 12e Congrès international de l’Ydatidologie.

La stratégie de l’Algérie s’orientera au milieu des années 1980 vers deux axes basés essentiellement sur la lutte contre la mortalité infantile par la réhydratation, l’allaitement et surtout la vaccination. Trois éléments qui seront les sujets de l’émission de trois timbres dessinés par Kamreddine Krim et parus le 13/2/1986. L’importance de la vaccination apparaîtra encore plus durant les fameuses campagnes de vulgarisation télévisées diffusées dans les années 1980 sous forme de dessins animés simples et accessibles, qu’on aimerait bien revoir de nos jours.

Un exemple édifiant sera ce timbre conçu par l’Institut national de la santé publique (INSP) émis le 7/4/1987 illustrant un bébé heureux protégé par un parapluie sous forme de seringue. Dans les années 1990, c’est le fléau du sida qui sera la nouvelle vedette des timbres algériens.

Choisie par l’Organisation mondiale de la santé en 1988, la Journée mondiale de lutte contre le sida sera célébrée le 1er décembre de chaque année. Un premier timbre dessiné par D. Oulmane marquera cet événement en 1994. Il sera suivi par deux autres figurines de Kamreddine Krim émises le 1/12/2005 et le 30/6/2011 sous différents angles.

Le même dessinateur sera l’auteur d’un timbre célébrant l’éradication de la poliomyélite en Algérie émis le 20/11/1996. La suite sera réservée à la célébration de la Journée mondiale de l’asthme (9/6/2001), celle du diabète (14/11/2003) et le cancer (4/2/2015). Aucun signe n’a été donné sur la rougeole qui revient en force ces dernières années, dans plusieurs régions du pays, à la faveur de l’ignorance et aussi de la méfiance des gens.

Mais le plus étrange demeure l’absence de la moindre émission sur le fléau de l’envenimation scorpionique, qui fait des centaines de victimes chaque année dans les régions du Sud, où le fameux et dangereux Androctonus australis hector, dont le venin est très toxique, continue toujours de défrayer la chronique.

 Par/ Arslan S.

El Watan



22/11/2018
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