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Des événements tragiques classés

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Depuis le recouvrement de son indépendance, l’Algérie n’a pas connu que des événements heureux. Classées parmi les zones à haut risque, certaines régions connaîtront des catastrophes dévastatrices, qui resteront gravées dans la mémoire collective de la population. Des événements tragiques qui ont aussi provoqué de vastes mouvements de solidarité nationale.

Ces événements font partie aussi d’une période de l’histoire contemporaine de l’Algérie qui demeure encore méconnue pour les jeunes générations, et dont on ne trouve aucune trace dans les manuels scolaires. Fort heureusement, la Poste algérienne sauvera l’honneur à travers des émissions philatéliques qui rappellent à ce jour ces événements tragiques classés. On n’a qu’à examiner les deux timbres émis le 15/11/1969, avec pour thème «Aide aux sinistrés des inondations».

Deux figurines surtaxées, dont la première a été dessinée par Bachir Yelles (0,3 DA + 0,1 DA) représentant une mère et un enfant sinistrés, avec pour arrière-plan des maisons effondrées, et une seconde réalisée par Mohamed Temmam (0, 95 DA + 0,25 DA), figurant une main tendue à une femme et un bébé, sur fond de maisons détruites par les eaux.

Nos multiples recherches sur cette catastrophe n’ont abouti qu’à des bribes grâce à d’anciens philatélistes qui se rappellent de ces inondations ayant touché la région de M’sila au mois de septembre 1969, causant d’énormes dégâts. Près de 50 ans après, on n’en saura pas plus. Enfin, qui se souvient encore du séisme dévastateur qui a frappé le vendredi 10 octobre 1980 à 13h30, l’ex-ville d’El-Asnam, devenue Chlef, sur décision du défunt président Chadli Bendjedid.

Une mesure prise pour conjurer le mauvais sort qui s’est abattu sur cette ville, dont les anciens habitants n’ont pas encore oublié le séisme du 9 septembre 1954, qui a détruit 90% de l’ex-Orléansville. Un événement qui avait fait à l’époque la Une de la revue Paris-Match. Mais celui de 1980, d’une magnitude de 7,2, sera le plus violent, et détruira à jamais l’ancien cœur de la ville, qui ne reverra plus le jour.

Cette violente catastrophe, qui avait fait plus de 3500 morts et 4500 blessés et des milliers de sans-abri, sera immortalisée sur une vignette postale émise le 13/11/1980, dessinée par Bachir Yelles. Selon des archives de presse, l’Algérie a connu entre 1994 et 2009 dix catastrophes naturelles importantes ayant engendré 3457 morts, des milliers de blessés et de sinistrés et des dégâts matériels énormes. Parmi ces dernières, deux sont encore dans les mémoires.

On citera les inondations de Bab El Oued survenues le samedi 10/11/2001, causant plus de 800 morts, une centaine de disparus, dont certains n’ont pas été retrouvés à ce jour, et des dégâts estimés à 33 milliards de dinars. Cette tragédie sera portée sur un timbre dessiné par Sid Ahmed Bentounes, paru le 24/12/2001 d’une valeur de 5 DA, avec une surtaxe de 5 DA au profit des victimes.

Mais l’une des plus grandes catastrophes jamais connues depuis des siècles dans l’Algérois demeure sans doute le séisme du 21/5/2003 à Boumerdès, qui avait fait 2365 morts et des dégâts estimés à 3 milliards de dollars, selon les archives de presse. Une catastrophe qui sera le sujet d’un timbre signé par le même dessinateur, sorti le 3/12/2003, en solidarité avec les victimes.

Depuis, les souvenirs de ces drames sont encore vivaces dans les esprits de ceux qui les ont vécus, notamment dans le quartier populaire de Bab El Oued, où à la moindre averse, les habitants se rappellent ceux que les torrents avaient emportés pour les jeter à la mémoire. Au service philatélique d’Algérie Poste, on n’a jamais pensé à commémorer ces événements, ne serait-ce que pour l’histoire.

Par/Arslan Selmane

El Watan



20/02/2018
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