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Piscine de Sidi M’cid : Une infrastructure saturée

La piscine de Sidi M’cid ouverte gratuitement au public, Une infrastructure saturée


Le site reçoit en moyenne entre 550 et 600 baigneurs par jour

Après des années d’abandon et de laisser-aller, cet équipement au passé glorieux peine à redevenir un lieu de détente sûr et offrant les commodités de base.

Depuis son ouverture en juin dernier, la piscine de Sidi M’cid représente encore un lourd fardeau pour le secteur de la jeunesse et des sports dans la ville de Constantine, vu le manque de certaines commodités, en comparaison avec le nombre élevé de baigneurs. Un grand travail reste à accomplir par les responsables concernés, avant que ces lieux ne reprennent leur activité régulière en recevant la population durant toute l’année. Une visite effectuée hier nous a révélé que, contrairement à l’année écoulée, les lieux connaissent une certaine amélioration. Mais ceci n’empêche pas quelques critiques. De visu, tout semble parfait, mais les faces cachées disent beaucoup de choses.

Notons, à titre d’exemple, le petit restaurant et la cafétéria ouverts à l’intérieur de l’infrastructure pour servir les baigneurs. Ces deux locaux manquent toujours de plusieurs commodités, même les commerçants installés sur les lieux n’ont pas nié l’absence de certains moyens nécessaires pour leur travail.

«L’objectif de l’ouverture de ces deux locaux est d’offrir un minimum de confort aux baigneurs, mais surtout d’empêcher les vendeurs informels de pizza de s’installer à l’entrée de l’établissement. Ces derniers, qui ne sont que des habitants de la cité Sidi M’cid, profitent de l’emplacement isolé de la piscine et ramènent de la nourriture dont la provenance est douteuse», a déclaré Mourad Rouabah, directeur de la piscine de Sidi M’cid, en évoquant les conditions d’hygiène déplorables dans lesquelles la pizza et les boissons gazeuses sont vendues devant la porte de la piscine. Pour ce qui est de la crémerie, ce même responsable nous a affirmé qu’elle n’est pas encore programmée à ce jour. Concernant toujours la disponibilité des commodités d’une piscine digne de ce nom, le nombre de cabines de toilettes est insuffisant.

Pour les hommes, il n’y en a que deux, mises à la disposition des centaines de baigneurs. Pour ce qui est des femmes, ces elles n’ont bénéficié que d’une seule, installée dans une chambre non aménagée. «Actuellement, il y a deux autres qui font l’objet de travaux d’aménagement. Ceci dit, ces lieux seront dotés de 5 toilettes. Pour ce qui est de celles des femmes, elles ont été nettoyées par nos soins, mais nous n’avons pas encore envisagé une opération d’aménagement», a-t-il tenté de rassurer. D’autre part, et à propos du problème d’hygiène posé l’été dernier, le gérant de la piscine nous a affirmé qu’ils sont à cheval pour éviter les mêmes dégâts.

La capacité des bassins dépassée

Parmi les anomalies signalées sur les lieux, notons aussi le nombre de baigneurs qui dépasse les capacités des bassins. Selon le chiffre communiqué enregistré quotidiennement, la moindre erreur ou négligence peut être fatale. D’après Mourad Rouabah, la piscine accueille en moyenne de 550 à 600 baigneurs par jour, alors que sa capacité est de 500.

Un chiffre qui risque d’augmenter après les dernières instructions du wali et du ministère de la Jeunesse et des Sports, exigeant la gratuité de l’accès aux piscines durant la saison estivale. «C’est une bonne initiative, applaudie par la jeune population, mais qui risque d’avoir des conséquences fâcheuses sur les conditions d’hygiène dans le peu des piscines qui existent. D’ailleurs, au début de cette semaine, nous avons enregistré 1890 baigneurs et durant le mois de juillet 50 000. Heureusement que nous avons pu gérer cet engouement, en établissant un programme d’entrée très strict sans pénaliser les jeunes», a déclaré M. Roubah.

Evoquant les normes de la baignade, le même responsable ajoute: «Pour que le baigneur soit à l’aise et profite de sa journée, il doit occuper une superficie de 2 m² dans la piscine, malheureusement ce n’est pas le cas à cause du manque de telles infrastructures au niveau de la wilaya de Constantine, qui répondent aux besoins de la population. Mais nous veillons à ce que l’hygiène ne soit pas mise en cause.» Il précisera que l’établissement est doté d’un stock suffisant en chlore et en produit anti-algues, estimé à 240 millions de centimes. Sans oublier, selon ses dires, le système de filtration d’eau qui fait l’objet d’un contrôle régulier.

Présence féminine infime

Parlant toujours des conséquences de la gratuité d’accès à ces lieux de baignade, le gérant de la piscine de Sidi M’cid a soulevé l’absence de sécurité sur place. Il nous a affirmé qu’ils sont en «guerre» permanente contre les vendeurs informels installés à l’entrée de l’établissement. Pour les chasser des lieux, selon lui, il faut alerter les éléments de la sûreté de wilaya à chaque fois et attendre des heures pour qu’ils se présentent sur place.

En outre, on note un autre phénomène qualifié de «grave et d’inquiétant» par M. Rouabah. C’est celui des enfants de moins de 10 ans non accompagnés par leurs parents. «Il s’agit d’une responsabilité civile dans le cas de ces enfants ‘‘saccageurs’’. Personnellement je suis très vigilant lorsqu’il s’agit des enfants de moins de 10 ans qui viennent tout seuls et en catimini aux bassins. C’est pourquoi j’appelle les associations de quartier à prendre ce phénomène au sérieux et à organiser des sorties et des programmes pour ces enfants, que leurs parents ne peuvent accompagner pour une raison ou une autre», a-t-il insisté. Toujours à propos du problème de sécurité, il se pose sérieusement pour la catégorie féminine.

D’après des témoignages de certaines femmes, la baignade à la piscine de Sidi M’cid est un «tabou». Leur présence demeure insignifiante, leur nombre ne représente que 10% des baigneurs, en dépit de l’envie de se baigner qu’elles expriment. D’autres nous ont avoué qu’elles étaient harcelées par certains jeunes à proximité de la piscine, surtout celles qui ne sont pas véhiculées. «Il ne faut pas oublier la réputation de cet endroit isolé durant la décennie noire. D’autant plus que, selon les traditions de certaines familles algériennes, la baignade d’une femme dans une piscine en plein air n’est pas évidente. Mais je vous affirme qu’en comparaison avec l’année dernière, le nombre de femmes a remarquablement augmenté. Cet été, nous avons observé une présence féminine importante, particulièrement durant les après-midi», a-t-il expliqué, en insistant sur la nécessité de la présence permanente de la police sur place.

En conclusion, Mourad Rouabah nous a avoué que le règlement intérieur de la piscine de Sidi M’cid est en cours de préparation. Une proposition sera soumise pour que ces lieux soient ouverts au cours de toute l’année, particulièrement au profit des sportifs.

Par/Yousra Salem

El Watan



16/08/2018
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